PORTRAIT

Le RSA (Réseau des passionnés de la construction aéronautique), des créateurs d’avenir.

Angélina Castro Pinto

A tout juste 17 ans, Angélina Castro Pinto fait partie du RSA.

Cette jeune lycéenne qui entame son année de terminale scientifique, a découvert la construction aéronautique grâce à des programmes mis en place par le RSA au sein des zones d’éducation prioritaire (ZEP).

Portrait d’une jeune passionnée promise à un brillant avenir.

Angélina, peux-tu nous dire comment tu as connu le RSA ?
Je devais avoir 15 ans, j’étais en 3ème au collège des Tarterêts qui est en ZEP. Un jour, le CPE est venu dans ma classe, il m’a pris à part en me disant que nous avions été quelques-uns présélectionnés grâce à nos notes.
Il nous a expliqué que le projet était de « construire un ULM », passer le BIA et ensuite pouvoir piloter sur l’ULM. Construire, c’est quelque chose que j’adore. Mon père est carrossier et de temps en temps, je venais volontiers l’aider à réparer les voitures.
 
Vous avez été nombreux à vous investir sur ce projet ? 
On était un groupe d’environ 15 élèves. 4 de la filière générale, les autres élèves étaient des SEGPA, une filière liée à l’activité manuelle. Eux étaient obligatoirement inscrits, ça faisait partie de leurs cours alors que pour nous, c’était après les cours. Jean-Louis Abou, du RSA, était notre instructeur. Grâce à lui et à l’équipe, de fil en aiguille, je me suis investie de plus en plus dans la construction du Savannah, un ULM multi axes qui ressemble à un avion.


 « Le jour où tu auras un avion, tu viendras me voir quand tu voudras »  Tu as de la famille dans l’aérien ?
Pas du tout. Il n’y a personne dans l’aérien. Si j’ai commencé ce projet, c’est plus parce que j’ai mon grand-père qui est au Portugal. Je ne le vois que pendant les grandes vacances. Et depuis que je suis toute petite, il me dit « le jour où tu auras un avion, tu viendras me voir quand tu voudras » .
C’est un peu pour ça que j’ai commencé ce projet-là. Il est super content que j’aie fabriqué cet ULM.
 
Tu as passé ton brevet de pilote ou pas encore ?
Ça devait se faire cet été mais il y a eu un problème technique sur l’appareil. Pour le brevet de pilote, il me reste à valider le théorique et terminer mes heures de pilotage. Je pilote sur l’appareil que nous avons construit ! C’est une fierté de voler sur un appareil qu’on a construit, ça fait drôle.

Et tu as une idée de ce que tu aimerais faire après ?
C’est encore assez flou. Sûrement autour de l’aviation en tant que pilote, dans l’ingénierie aéronautique, ou le contrôle aérien. c’est quelque chose qui peut potentiellement pas mal m’intéresser. Sinon, dans tout ce qui est médecine rééducative et adaptative. Je vais devoir me décider cette année.
 
Et quel appareil aimerais-tu construire maintenant ?  
Je n’ai pas vraiment un appareil en tête. Ça dépendra des moyens que j’aurai et quels moyens. Parce que les prix sont très variés.
 
As-tu un petit conseil à donner à quelqu’un qui ne sait pas trop comment s’y prendre, par où commencer, quel avion construire ?
Le conseil qui moi m’a le plus servi, c’est vraiment ne pas ne pas avoir peur de parler et d’aller demander, ça ne coûte rien. Par exemple, il y a plein de meetings où le RSA est présent comme les meetings de la Ferté Alais, de Melun, le Mondial ULM de Blois. Donc il ne faut vraiment pas hésiter à aller dans les rassemblements, ou même juste appeler ou écrire,  et poser les questions qu’on a. Il ne faut vraiment pas avoir peur d’aller voir des gens qui connaissent le milieu et de discuter, parce que c’est tellement rassurant et ça aide tellement de pouvoir avoir des réponses à nos questions.
  
Au RSA, comme dans beaucoup de domaines de l’aérien, les femmes semblent peu représentées. Comment vois-tu l’évolution des femmes dans l’aviation et notamment dans le RSA ?
Dans l’aviation générale, l’évolution parait très lente mais ça évolue dans le bon sens, et ça c’est vraiment génial. Quand je suis arrivée au RSA, j’avais en tête que c’était un milieu d’hommes assez âgés, puisqu’il faut du temps libre pour construire son avion, donc souvent à la retraite.
Mais je trouve que ça bouge pas mal en ce moment. En discutant avec certaines personnes, j’ai souvent un retour positif. On me dit que ça fait plaisir de voir de nouvelles têtes et surtout des femmes et c’est vrai que depuis quelques années, il y a plus de femmes. Et finalement j’ai rencontré des adolescents comme moi et des jeunes adultes hommes et femmes et ça, ça m’a fait plaisir.
 
L’écologie est un sujet central, que penses-tu de l’aviation au regard de l’écologie ?
Quand on pense à l’aviation, on pense tout de suite aux gros avions et pourtant, quand on regarde les chiffres, on voit que l’aviation commerciale est responsable de seulement 3 % des gaz à effet de serre et que l’aviation légère c’est 1 % de ces 3 %. Donc, on se rend compte que finalement ça n’est pas si important que ça et je pense qu’on ne devrait pas s’attaquer à l’aviation car ça n’est pas elle qui fait les plus gros dégâts.
 
Quelles solutions verrais-tu pour changer les choses en matière d’écologie ?
Déjà, pour changer le regard, je dirais qu’il faut surtout de la communication. Les campagnes d’information peuvent rétablir des vérités et même modifier l’opinion publique.
Sur certains sujets comme la chasse, un gros travail de communication a été mis en place avec des publicités. Je me dis qu’on pourrait faire pareil au niveau de l’aviation, peut-être pas jusqu’à des publicités parce qu’il faut des moyens pour ça, mais trouver des occasions, des opportunités de portes ouvertes ou des initiations, des immersions. Même des vols à tarif réduit pour que ceux qui pensent ne pas avoir accès à l’aviation, puissent finalement le faire. Pour moi, ce sera le meilleur moyen pour que les gens changent de point de vue.

Moi au début je me disais  « c’est super cher, je n’y aurai jamais droit », alors qu’en étant plongée dans ce monde, j’ai compris que non et que ce sont juste des préjugés contre lesquels il faut lutter.

C’est pour ça que je ne cesse d’expliquer aux gens qu’ils peuvent voler s’ils le veulent et même devenir pilote. C’est le meilleur moyen de faire avancer les choses et leur faire comprendre que c’est accessible à tous.
Et pour ceux qui veulent un monde aérien plus écolo, alors venez, on va travailler ensemble, on va travailler sur les moteurs et faire en sorte de fabriquer des moteurs moins énergivores ou alors avec des énergies plus responsables. Je sais que l’on travaille déjà dessus mais plus il y aura de monde à travailler dessus, plus on trouvera de solutions.
 
Après ton brevet de pilote, quel sera ton prochain défi ?
Je suis en terminale et ma grande priorité, ce sont mes études. Mais je serai aux salons du RSA et notamment au grand rassemblement RSA de Brienne en juillet 2024 !

3 questions à Angélina Castro Pinto

Un film  ?
Les Top Gun, ils me mettent des étoiles dans les yeux !

Un livre ?
Je dirais « Les Aventurières du ciel » de Katell Faria. C’est un livre très intéressant sur les femmes dans l’aviation.

Un site internet ?
Celui du RSA bien sûr !

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